Le pourquoi · par l'auteur
J'ai compté mes semaines.
Ça a tout changé.
Un jour, j'ai fait un calcul tout bête : une vie tient sur environ 4 000 semaines. J'en avais déjà dépensé plus de la moitié sans vraiment m'en rendre compte.
Ce qui m'a frappé, ce n'était pas le nombre. C'était de réaliser à quel point peu de ces semaines m'avaient vraiment appartenu. L'école, puis le travail : des années entières où mon temps était cadré par quelqu'un d'autre. Et au milieu de tout ça, cinq petites semaines de congés par an. Cinq carrés verts sur une ligne de cinquante-deux. Mis bout à bout, sur toute une vie de travail, ça donne une image que personne ne nous montre jamais.
J'ai cherché des « calendriers de vie » qui existaient déjà. Ils coloraient les semaines par activité — école, boulot, retraite. Utile, mais froid. Moi, ce que je voulais voir, ce n'était pas ce que j'avais fait, mais ce que j'avais ressenti : à quel moment je m'étais senti libre, et à quel moment j'avais juste suivi le rail.
C'est là qu'est née l'idée de LIBRE. Une seule grille, toute ta vie, colorée par ton sentiment de liberté. Le vert, c'est le temps qui est vraiment à toi. Le reste, c'est le temps qu'on t'a emprunté. Quand tu vois les deux côte à côte, quelque chose se déclenche.
Ce n'est pas un outil pour culpabiliser. C'est un miroir — pour décider, en conscience, combien de vert tu veux dans les semaines qu'il te reste.
J'ai construit ce site seul, sur mon temps libre (du vert, donc 🌿). Honnêteté totale : je n'avais pas les compétences techniques pour le faire — c'est l'intelligence artificielle qui me l'a rendu possible. Et je lui en suis reconnaissant, parce que sans ça, le projet serait resté dans ma tête. Grâce à elle, j'ai pu l'ouvrir à tout le monde, et je le garde gratuit, sans pub et sans compte obligatoire. Tout reste sur ton appareil ; je ne vois rien de ta vie. C'est un principe non négociable : ta vie ne m'appartient pas, elle ne quitte pas ton ordinateur.
— Mark, créateur de LIBRE
Concrètement
Voici ma vie à moi.
Pas un exemple inventé : ma propre grille, colorée semaine après semaine. C’est en la voyant entière que tout m’a sauté aux yeux.
Chaque carré = une semaine · né en 1985, Golden (BC) ·
L’enfance — tout est vert
Les premières années, le temps t’appartient sans condition. On ne s’en rend compte qu’après.
L’école — encadré, mais des étés verts
De 1991 à 2004 : le cadre orange, ponctué chaque année par les vacances. Le rythme qu’on ne choisit pas.
Le salariat — la mer de rouge
2005 à 2014 : des années presque pleines de travail, à peine trouées de quelques semaines de congés. C’est ce contraste qui m’a secoué.
La bascule nomade
À partir de 2015-2017, le bleu et le gris du transit envahissent la grille : je quitte le rail, je bouge, je deviens nomade.
Aujourd’hui — surtout du vert
Le carré entouré. Les lignes récentes sont redevenues largement vertes : du temps qui m’appartient. Tout ce qui est en dessous reste à écrire.
Ce que ça a changé pour moi
Tant que mon temps défilait en journées, tout se valait. Empilé en semaines, sur une seule image, c’est devenu une évidence : pendant mes années de salariat, la plus grande partie de mon temps ne m’appartenait pas. Pas par malheur — juste par défaut, parce que c’était le rail.
Les rares carrés verts par an, perdus dans la mer de rouge, m’ont fait l’effet d’une alarme. Alors j’ai changé de vie : j’ai quitté le salariat, j’ai pris la route, je suis devenu nomade. Les bandes bleues et grises du milieu de ma grille, c’est cette transition. Et les lignes récentes, redevenues vertes, c’est le résultat — du temps que je choisis enfin.
La première chose que j’ai voulu faire en voyant ma grille ? Changer la couleur de mes cases. Pas juste les regarder — les modifier. Ça paraît simple, mais c’est là que tout a basculé : une grille, ça se subit ou ça se choisit.
Ça m’a aussi forcé à me poser une question bizarre : jusqu’à quand ? J’ai regardé les cases vides qui s’étirent vers le bas, et j’ai pris une décision — je mourrai à 94 ans, pas avant. Il en reste trop à remplir. C’est moins une certitude qu’une intention. Une façon de refuser de laisser la grille se fermer trop tôt.
Et les cases du grand âge — à 80, 85, 90 ans — comment les colorer ? Je ne sais pas ce que je ressentirai. Est-ce que ce sera encore du vert plein, ou quelque chose de plus lent, de plus doux ? Pour l’instant, je les noircis peu à peu, comme un horizon qui s’assombrit sans disparaître. Mais j’espère les colorer en vert à fond. C’est ça aussi, LIBRE : un pari sur soi-même.
LIBRE n’est pas né d’une théorie. Il est né de cette image-là, la mienne — et de la décision qu’elle a provoquée. Si elle peut provoquer chez toi le même déclic, alors le projet a fait son travail.